Skip to main content
 

Clap de fin pour le procès OKC #secteOKC #OgyenKunzangCholing #LamaKunzang #France #Belgique

L’avocat général Godbille a requis quatre ans de prison et de lourdes confiscations contre le gourou belge Robert Spatz. Le jugement sera rendu début décembre.

LAURENCE WAUTERS

Après une quinzaine d’audiences, la cour d’appel de Liège a consacré sa dernière journée, ce jeudi, au procès de l’ASBL OKC (Ogyen Kunzang Chöling), secte bouddhiste fondée en 1972 par le Belge Robert Spatz, accusé principal du dossier. En 1974, cet homme né en 1944 achetait un vieux château, près des gorges du Verdon, qui a été entièrement rénové par les adeptes. Vingt ans plus tard, l’un de ceux-ci déposait plainte contre la secte et au printemps 1997, une série de perquisitions étaient menées, notamment au château de Soleils, où les enquêteurs recensaient 35 enfants et 17 adultes, qui n’étaient pas leurs parents puisque ceux-ci travaillaient dans des restaurants et boutiques végétariennes bruxelloises liées à la secte.

 

Durant ce procès, les parties civiles ont parlé de « lavage de cerveau », de punitions physiques, de séparation forcée avec leurs parents et du repli sur eux-mêmes, avec une scolarité par correspondance. Certaines ont évoqué des abus sexuels qui auraient été perpétrés par Robert Spatz prétendument pour les aider à « canaliser leur énergie ». Toutes ces personnes auraient été maintenues dans ce que M e Preumont, aux parties civiles, a qualifié de « coma social ».

 

« Couverture religieuse »

 

A l’accusation, l’avocat général Godbille a requis pendant six heures sous l’œil attentif du prince Laurent venu expressément – il s’agirait d’un ami proche. Il a évoqué « l’asservissement de travailleurs sans protection sociale, la dissimulation de leur exploitation au travers de faux contrats d’associés actifs de sociétés dont ils n’ont aucun contrôle », ainsi que les « traitements inhumains et dégradants, confinant dans certains cas à la séquestration et à la prise d’otage », ou encore « la soumission totale au gourou pratiquant à l’égard des victimes qu’il s’est choisies des attentats à la pudeur et même des viols sur mineurs alors qu’il exerce sur eux une autorité ». L’ASBL OKC était, selon l’accusation, qui a requis quatre ans de prison et de lourdes confiscations contre Spatz, « une couverture religieuse justifiant une série d’activités délictueuses : extorsions, blanchiment, prises d’otages, crimes et délits de mœurs ».

 

La défense de Spatz a quant à elle plaidé trois jours durant. M e Wauters a d’abord épinglé le contexte de l’ouverture de ce dossier, remarquant que la filleule d’Albert II avait rejoint la secte au moment où l’enquête a démarré.

Epinglant longuement la procédure, critiquant les rapports d’expertise et la manière dont certains témoins sont arrivés dans le dossier, il a aussi exposé les photos montrant la vie au château de Soleils, avec carnaval, spectacles et fêtes de Noël. Réfutant tout mauvais traitement, il a fustigé ce qu’il a appelé les « nouvelles parties civiles », qui auraient eu accès à de nombreuses informations à charge et qui, de la sorte, auraient été « manipulées ».

 

C’est avec soulagement que les parties civiles ont vu se clore ce jeudi ce procès-fleuve, pour ce dossier de 40 cartons qui s’étend sur plus de 40 ans. « Néanmoins », relève M e Bosquin pour l’une d’entre elles, « il reste une frustration : jamais monsieur Spatz (NDLR : sous certificat) ne s’est déplacé pour un de ses procès. »

 

Arrêt le 2 décembre.

LAURENCE WAUTERS

Copyright © 2020 Rossel & Cie. All rights reserved