Au cours des trois dernières années, la communauté open source et la recherche en sources ouvertes (OSINT) ont joué un rôle essentiel dans la couverture de la guerre en Ukraine et l’évaluation de la situation. L’OSINT a même été utilisé dans les semaines et les jours précédant la guerre pour révéler ce qui allait se passer grâce à la détection de signaux faibles malgré les mensonges de la Russie. Grâce à ce travail, il a été possible de mettre en évidence la réalité sur le terrain, l’ampleur de la violence et des crimes de guerre de la Russie, mais aussi de démystifier les mécanismes d’une machine de propagande puissante et persistante pour briser la cohésion nationale ukrainienne et le soutien international.

Mais la guerre de la Russie contre l’Occident s’étend bien au-delà de l’Ukraine et de ses lignes de front. La Russie a mobilisé toutes les ressources possibles pour alimenter sa machine de guerre. Une fois encore, le travail entrepris par des projets et des communautés OSINT a permis d’identifier et de suivre les réseaux d’évasion de sanctions, de suivre la flotte fantôme de la Russie partout dans le monde, d’obtenir des images des acquisitions d’armes de pays comme l’Iran, la Corée du Nord et de suivre les efforts de la Russie pour garder accès aux circuits financiers internationaux grâce à la multiplication des plateformes de crypto-actifs.

Le combat lui-même se déroule également à l’échelle mondiale : le continent africain avec le soutien russe aux régimes militaires dans les endroits où les groupes terroristes règnent désormais et où les violations des droits de l’homme sont à leur apogée, les fortes tentatives d’influence pour remodeler les partenariats historiques avec des campagnes d’influence persistantes contre l’Occident, mais aussi des sabotages à travers l’Europe et de multiples tentatives de saper la cohésion européenne.

INPACT/AEOW a passé trois ans à enquêter sur et à documenter un instrument clé de la politique agressive de Poutine : le groupe Wagner et ses multiples itérations sur le continent africain, au Moyen-Orient, en Ukraine et en Russie. Nous avons alors compris que la Russie ne se contente pas d’accords et ne suit que son propre plan. Il n’y a eu aucune pause et aucune volonté de cesser l’expansion de ses propres intérêts à l’étranger. Ils ont continué à faire pression dans ce sens en utilisant des tactiques ouvertes et clandestines. Nous retrouvons maintenant certains des visages que nous suivons depuis des années en charge des opérations en Europe et de la guerre hybrides qui s’y passe.

Nous pensons que les communautés OSINT ont encore un rôle à jouer en étant ce caillou énervant dans les chaussures de la Russie. C’est pour cela que nous sommes là.